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Suite du voyage

Bon, Munich ne fut pas très reposant. Il faut dire que nous y avons retrouvé le Strasbourgeois, un ami de longue date qui habite sur place. Et le Strasbourgeois connaît bien les bars de Munich. Et là où trouver de la saucisse (sans jeu de mots). Et qu’un autre ami, David, habitait un peu plus au nord et nous a rejoint pour faire la fête le week-end. Bilan des courses : de grosses fêtes, très chouettes mais fatigantes. Et le dimanche en fin d’après-midi il nous a fallu repartir.

David nous a emmené en voiture à Regensburg où nous pensions trouver un camping pour passer la nuit avant de repartir en stop vers Prague. Bien sûr, une fois sur place, nous avons découvert un camping complet sans possibilité d’y dormir. Pas grave. Après avoir mangé (des saucisses) en ville et visité, nous avons trouvé, une fois la nuit tombée, un bout de dessous de pont près du Danube qui présentait l’avantage de se situer près de l’entrée de l’autoroute pour l’est.

Après une nuit passée à la belle étoile et un réveil qui nous a surpris dans une brume épaisse (et des affaires humides), nous avons eu le plaisir de goûter à un café confectionné à l’aide de notre fabuleux réchaud Butagaz™. À 6h45, nous étions d’attaque avec nos petits panneaux de cartons faits avec amour (et un feutre noir). Au bout d’un peu plus de deux heures, une voiture s’arrête. Un homme d’une trentaine d’années, policier militaire, revenu de plusieurs campagnes en Afghanistan, nous emmène jusqu’à une aire d’autoroute 60 kilomètres plus loin. Enfin après un faux départ pour que ma camarade de voyage puisse récupérer le sac avec tous ses papiers et sa carte bleue oublié au bord de la route. Notre chauffeur nous explique que sa femme n’aime pas qu’il prenne des autostoppeurs parce que c’est risqué mais qu’il était rassuré par nos gros sacs : des tueurs en série ne s’encombreraient peut-être pas de sacs énormes desquels dépassent des tentes, duvets et gourdes.

S’il y en a bien un qui n’écoutait pas sa femme, c’est bien l’automobiliste qui nous a pris ensuite après une attente d’une heure. Il se rendait avec sa chère et tendre en République Tchèque, à Marienbad, et nous propose avec des gestes de nous embarquer. La dame à l’avant à l’air tout à fait contre l’idée et le manifeste clairement par une moue réprobatrice lorsque nous montons dans la voiture, mais nous avons besoin d’avancer.

Une fois la frontière passée, c’est une autre paire de manches. Nous nous apercevons que non seulement il nous est totalement impossible de communiquer (y compris d’obtenir une réponse à une question simple comme « Où sommes-nous ? » en pointant la carte), mais en plus la route qu’ils suivent n’est absolument pas celle de Marienbad. Mais elle va plutôt dans la bonne direction, donc nous continuons avec eux. Un peu plus tard, ils nous déposent sur une route nationale à une trentaine de kilomètres de Plzeň, et là nous commençons à nous dire que nous devrons probablement trouver un coin où dormir car les seules voitures qui passent dans les premières minutes nous font des signes pour nous indiquer que nous sommes probablement dérangés.

Heureusement, au bout de 15 minutes, une camionette s’arrête au bord de la route et le jeune chauffeur nous fait signe d’embarquer. Il s’agit d’un livreur, qui visiblement apporte à des vétérinaires des médicaments et des détecteurs de radar (!), détecteurs dont nous constatons d’ailleurs l’efficacité sur l’autoroute qui nous amène vers Prague. Après avoir fait les livraisons avec lui et communiqué par gestes étant donné qu’il ne parlait que tchèque, langue dont nous ne connaissons aucun mot, il nous dépose en banlieue de Prague où nous nous précipitons dans le premier hôtel que nous trouvons. À 20€ la nuit par personne (c’est un hôtel assez luxueux), cela nous permettra de récupérer de notre nuit en plein air.

Prague… Ceux qui connaissaient savent ce qu’on peut en dire, ceux qui ne connaissaient pas doivent absolument remédier à cela au plus vite. C’est probablement la plus belle ville que j’ai vue pour l’instant. Alors qu’on se dit qu’on vient de voir la vue la plus admirable possible, on se retourne et on change d’avis immédiatement. Et c’est tout le temps comme ça. À tel point qu’on a prolongé notre séjour sur place et que n’en sommes partis que 3 jours plus tard.

En stop ? Non, pour 10€ un bus Mercédès très confortable nous emmène à Bratislava, en Slovaquie, en 4h30 de voyage. Cela serait dommage de se priver. Une fois arrivés à Bratislava, nous nous rendons en comparant les noms d’arrêts de tramway de manière assez approximative au seul camping de la ville. Nous avons deux tentes, cela va nous permettre d’être un peu chacun chez soi pour les deux jours que nous avons prévu d’y passer.

Première surprise : le camping se trouve au bord d’un lac. Et vu la chaleur et le soleil, ce n’est pas l’envie de nous baigner qui nous manque. Mais d’abord, il faut monter les tentes.

Deuxième surprise : tenant probablement à défendre sa réputation de jeune fille tête en l’air, ma charmante co-voyageuse n’a pas vérifié la tente qu’elle a récupérée dans sa famille. Tente qu’elle a déjà promené sur 1500 kilomètres pendant ces vacances. Tente dont il s’avère qu’elle n’a ni arceaux ni sardines. Pas grave, on va se tasser dans ma tente toute neuve achetée la veille du départ et qui a un avantage énorme : elle est utilisable.

L’eau du lac est très agréable. La ville est très agréable. La vie n’y est pas chère (une pinte de bière coûte bien moins d’un euro, les Camel sont à 2€20 le paquet, les plats au restaurant reviennent entre 2€ et 4€ sauf si on choisit un endroit fait uniquement pour les touristes fortunés), il y fait très beau. On a finalement décidé d’y rester trois jours plutôt que deux. Nous repartons normalement dimanche vers Budapest. En stop ? Non, encore en bus. Sauf erreur de notre part ou de la compagnie auprès de laquelle nous venons de nous renseigner, le tarif est de 5,28€. Par personne ? Non non, pour nous deux.

3 Responses to “Suite du voyage”

  1. 1
    jamphi:

    Si tu veux faire encore plus d’economie sur les clops, descend jusqu’au Montenegro. Les paquets sont a 1,10€.

  2. 2
    Jaina:

    Ah, Prague… L’une des plus belles villes que je connaisse, d’autant plus que j’y ai passé de supers moments en novembre dernier. Entre les repas à 4€ (tu n’as pas besoin d’attendre d’arriver à Bratislava pour en trouver à ce prix-là ^^) et les pintes de bière moins chers qu’au foyer (tu as goûté la Staropramen Granat ? c’est ma préférée !), tu trouves encore le temps d’apprécier l’efficacité du réseau de trammays et de traverser et retraverser le pont de Charles à n’en plus finir avant de monter sur les hauteurs pour apprécier la vue sur toute la vieille ville.

    En fait je pense retourner dans la région dès que j’aurai des vacances assez longues pour ça ! :-)

  3. 3
    Le Strasbourgeois:

    C’est vrai que ce petit passage à Munich était fatiguant, encore plus pour celui qui travaillait. Surtout que vous n’avez en fait rien fait de vos journées à part glander bouffer des saucisses et acheter des bières. C’est absolument honteux, Marie n’a même pas vu le parc olympique qui est à 5 min à pied de chez moi.

    Bref il faudra revenir.

    Pour info, la fête de la bière se déroule du 22 Septembre au 7 Octobre. Par contre, pour ceux qui viennent à cette époque, ne comptez pas visiter la ville, c’est bien trop épuisant. Mais c’est bien quand même !

    Prost !

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