Apprendre à écrire
Vers la fin de sa presque-achevée remontée dans le temps, Kozlika écrit « Je ne me souviens pas avoir appris à lire, ni avec mon père ni toute seule. ». Pour moi, c’est l’inverse : mon apprentissage de la lecture est un des événements de mon enfance dont je me souviens le mieux.
J’étais alors en grande section de maternelle. Mes parents m’avaient appris l’alphabet, par jeu, non pas en utilisant les soit-disant faciles « a », « beu », « ceu », etc. mais avec les vraies prononciations, « a », « bé », « cé ». Nous étions en train de réaliser des petits cadeaux pour la fête des pères (vous savez, ces choses adorables que les parents ne peuvent pas jeter), j’étais assis sur une petite chaise, dans ma classe du rez-de-chaussée, face à la cour de récréation. Un large rebord courant le long de la vitre servait de longue table à quelques élèves. Pour pouvoir parler à mon institutrice, j’étais légèrement tourné vers la gauche.
« Maîtresse, comment est-ce qu’on écrit Papa ? »
« Alors tu écris peu a peu a. »
« p a p a ? p a p a ??? Mais c’est tout simple ! »
J’ai su, à ce moment précis, que je savais écrire et probablement lire. Dès le retour de l’école, j’ai fait une démonstration d’écriture à mes parents. Je me souviens avoir jubilé en réalisant qu’il y avait également d’autres sons, qui ne correspondaient directement pas à des lettres simples, comme le « ou » ou le « an ».
Peu après, on me changeait de classe. À cinq ans, après une batterie de tests, il était décidé de me faire terminer l’année scolaire au CP. Je me souviens avoir pleuré parce que, le soir, il y avait des devoirs à faire à la maison.
décembre 23rd, 2006 at 22:36
Je ne me souviens pas du tout d’avoir appris à lire. Je me rappelle seulement ces gros paquets de petits gâteaux qui portaient chacun une phrase inscrite, de ma perplexité devant ces mots que je ne comprenais pas – « Vohusse lissèze » ? – jusqu’à ce que ma Maman, providentielle, m’explique comment certaines lettres se mettaient à plusieurs pour faire un seul son, et d’autres ne se prononçaient simplement pas. « Vous lisez ». OK, compris.