La bière à travers les âges
Une soirée un peu raisonnablement relativement bien arrosée hier et ses conséquences sur mon équilibre aujourd’hui me font me pencher sur l’évolution de la bière à travers les âges. À travers mes âges plus exactement.
J’ai découvert la bière lors d’une fête de village en 3è. Nous venions de rompre avec Marie, ma « petite copine » de l’époque, qui convoitait un prénommé Fred alors que je tenais compagnie à une prénommée Katia. Nous étions une petite dizaine à dormir chez Marie et à profiter du groupe qui reprenait Forever Young d’Alphaville sur l’unique et minuscule place du village. Je ne sais pas comment, enfants sages que nous étions, nous sommes entrés en possession de plusieurs canettes de Kronenbourg. Qui furent vites absorbées. Avec l’effet qu’on imagine sur des gamins de 13 ou 14 ans qui n’ont jamais touché une goutte d’alcool de leur vie.
Je me souviens avoir découvert avec joie les effets de l’alcool sur la vision et la manière de marcher (si on peut appeler ça marcher). Je me sentais heureux de vivre, j’embrassais Katia qui était restée sobre. Et qui m’a demandé, au bout de quelques heures, si nous sortions ensemble uniquement parce ce que j’avais bu. J’ai réussi à éviter de répondre. Mais bon, mon sourire béat de néo-alcoolique en disait suffisamment long pour que je reçoive le lundi suivant une lettre me traitant de « suborneur », m’obligeant à aller à la bibliothèque vérifier le sens du mot dans un dictionnaire.
Le moins qu’on puisse dire est que la Kronenbourg ne m’a pas laissé que des excellents souvenirs de cette nuit là. Je pense, mais ma mémoire est un peu floue concernant ces aspects, que j’ai probablement découvert de nouvelles positions permettant d’éliminer le trop-plein sans s’en mettre partout. En tout cas, les amis présents ont eu la décence de ne jamais aborder le sujet devant moi par la suite.
Il faut attendre la classe de 1è pour retrouver mon amie la bière. Cette fois, si mes souvenirs ne me trahissent pas, c’est à la 1664 que le groupe d’amis auquel j’appartenais (j’étais maintenant à la ville) passait ses soirées. Nous étions fidèles à « notre » bière et soutenions à qui voulait l’entendre que c’était la meilleure qui existait. Notez que, personnellement, je n’en avais donc goûté que deux à ce stade. Mais je savais que j’avais raison. L’arrivée du joint dans notre petit milieu en terminale a fait considérablement baisser la consommation de bière, nous évitions les mélanges, il faut bien un minimum de sérieux que diable.
Au fur et à mesure que je vieillissais, la bière a perdu son rôle d’alcool privilégié. Je suis devenu agnostique dans le choix des alcools et les pratiquais de manière non discriminatoire. Et ce n’est que récemment que, sous l’influence d’une bande de jeunes néo-délinquants (vous avez remarqué, j’aime bien les néo-) dont les moyens financiers ne leur permettent que rarement des excursions dans les rayons des alcools coûteux, que je suis revenu à notre amie.
J’ai tendance à la tester en grande quantité, afin de parfaire mon jugement. J’ai vu le pire (j’hésite encore entre la Koënig’s Beer et la Blonderbrau, avec une mention spéciale à la Stella Artois), le passable (la Kronenbourg n’est pas si mauvaise, comme m’en a convaincu un test en aveugle fait dans un supermarché), l’ordinaire (Blanche des Neiges), la fruitée (la Krieg’s), la jolie (Kilkeny) ou l’étouffe-chrétien (Guinness). Et toutes celles que je découvre lors de dégustations. Et franchement. J’aime bien la bière. Quand il fait chaud, elle raffraîchit. Quand il fait froid, elle fait plaisir. Quand il ne fait ni chaud ni froid, elle tombe à pic.
J’ai lu récemment que le français consommait en moyenne 35,4 litres de bière par an. Mais que fait-il alors les 350 autres jours de l’année ?
avril 27th, 2006 at 18 h 38 min
Je te tire mon chapeau cher Aurele, tout en me permettant de te signaler que tu as des goûts de chiottes. Je ne pensais pas qu’il était possible de faire un exposé sur la bière sans citer une seule trappiste.
avril 27th, 2006 at 18 h 41 min
Chère Beer Lover et néo-délinquante,
mes moyens financiers ne me permettent pas de profiter des trappistes lors des séances ordinaires d’entraînement de mon foie. Mais elles sont bien présentes dans mon esprit, « celles que je découvre lors de dégustations ».
Quant à mes goûts de chiottes, ils sont connus depuis longtemps et je les assume.
avril 28th, 2006 at 8 h 06 min
Quant à mes goûts de chiottes, ils sont connus depuis longtemps et je les assume.
Grmpf.
avril 28th, 2006 at 9 h 54 min
Mais mon petit Elfe, tu sais bien que je ne parle pas de toi !
avril 28th, 2006 at 10 h 22 min
En même temps des chimay à 1.5€ je connais des fois où t’aurais pu en profiter, hein. Faut juste se jetter dessus à 6h de l’après midi !
avril 28th, 2006 at 12 h 10 min
Ah, non, pas la Chimay ! Ça rend très malade !