Tristan und Isolde
J’ai connu hier ma première expérience de l’opéra en allant assister à l’Opéra Bastille avec des amis à une représentation de « Tristan und Isolde » de Wagner. Le moins que l’on puisse dire est que j’en suis revenu plutôt mitigé.
L’orchestre était impeccable. Rien à redire là-dessus. Le spectacle des trois trombones en train de discuter entre chaque paire de notes était même plutôt distrayant vu d’en haut. Leur présence ainsi que celle du cor et des huit contrebasses montraient clairement que c’était bien du Wagner. J’ai également compris au bout de quelques heures et d’une centaine de tentatives infructueuses que le chef d’orchestre ne parviendrait jamais à arranger correctement sa mèche rebelle (constituant d’ailleurs la totalité de sa chevelure).
La mise en scène était, de mon point de vue, catastrophique. J’aurais bien parlé du décor s’il y en avait eu un. Non, seule une petite estrade sur la scène donnait un semblant de relief. Des petits bouts de films, récupérés probablement sur des bobines super 8 trouvées à la cave, défilaient sur l’écran placé derrière les chanteurs. Remarquez, ça donnait un peu de mouvement aux personnages. Parce quand Isolde ausculte (pendant 20 minutes) Tristan pour observer qu’il ne respire plus (et retenir sa respiration pendant 20 minutes, c’est balaise, félicitations à l’acteur à qui je conseille la plongée en apnée après cette performance, surtout avec une jouvencelle qui hurle à côté) en étant placée à 6 mètres de lui et en lui tournant le dos, on peut trouver que ça manque un peu de dynamisme.
La véritable surprise de la pièce provient du personnage qui joue Marke puis un capitaine de navire. Déjà, c’est celui qui chante le mieux. Mais surtout, c’est le seul à avoir obtenu une dérogation lui permettant de ne pas être habillé, comme les autres personnages, d’un sac à pommes de terre noir. Pendant les deux premiers actes, il a droit à un sac à pommes de terre marron. Comme ça, on le reconnaît, même quand il ne chante pas. Mais surtout, lors du troisième acte, il arrive sur scène déguisé en commandant de bord d’Air-France, à tel point qu’on s’attend à le voir passer en revue la checklist précédant le décollage. Je pense qu’il a demandé, lors de la signature de son contrat, à avoir un costume flamboyant et que le metteur en scène, vexé, lui a refilé un costume abandonné après le tournage de « 747 en péril » (le costume a peu servi, le pilote meurt d’indigestion au début du film).
Bref, comme je l’écrivais plus haut (si vous ne l’avez pas lu, c’est que vous avez commencé ce billet en plein milieu, je ne vous en veux pas), je suis mitigé. J’ai envie de réitérer l’expérience, mais avec une mise en scène plus classique. Je m’attendais à voir des décors et des costumes, j’ai vu des personnages en noir sur fond noir avec des extraits de ce qui ressemblait à une publicité pour un parfum à l’arrière plan. La prochaine fois, j’opte pour l’Opéra Garnier, avec, si possible, du Bizet ou du Verdi.
décembre 1st, 2005 at 7:42
Faut dire que Wagner + Bob Wilson hein… Enfin moi j’dis ça j’dis rien mais tu n’as pas choisi le dépucelage le plus sexy qui soit
Viens donc avec nous voir Rigoletto !
décembre 1st, 2005 at 11:10
Compte tenu de tes attentes, Garnier aurait été un meilleur choix, sans aucun doute. Et aussi, toujours se renseigner sur le ou la metteur-e en scène avant de signer… ça évite de mauvaises surprises. Quant à Wagner… no comment
décembre 1st, 2005 at 11:48
kozlika : je viens de m’inscrire sur le wiki, j’avais prévu de le faire justement
artefact : c’est ça de se laisser entraîner sans regarder où on met les pieds…
décembre 4th, 2005 at 14:57
J’avais adoré la première distribution (même mise en scène) et la direction d’Esa-Pekka Salonen : http://blog.muriel-shanseifan.org/2005/05/06/tristan-et-isolde-de-wagner-opera-bastille/
Je suis désolée que tu n’aies pas aimé :-/
décembre 15th, 2005 at 16:15
C’est sur que commencer l’Opéra par Wagner, faut etre un peu kamikaze!

Vas plutot voir un Cosi fan tutte ou du Rossini, c’est plus fun