L’urine, ce gaz méconnu
Être ou ne pas être. Cette question universelle, ce n’est pas celle que je me suis posée ce matin quand j’ai décidé d’entreprendre un test que je m’étais toujours promis de faire.
Que les mecs qui n’y ont jamais pensé me jettent la première pierre. Combien de poids perd-t-on quand on urine après avoir pris un litre de café noir ?
Ce matin donc, armé de tout mon courage, j’ai tenté le test ultime : je suis monté sur la balance avant d’aller pisser. Estimant qu’une mesure différentielle n’aurait pas la saveur d’une expérience en continu, j’ai apporté la balance à l’endroit idoine. Je me demandais combien j’allais perdre tout en évacuant le surplus de liquide qui commençait à me taper sur le système. Début de l’expérience : la balance se stabilise sur un poids X.
Je commence à faire mon affaire, tranquillement, l’œil aiguisé posé sur la balance. Tiens, X+100 grammes. Probablement une erreur de mesure. J’étais en train de me demander si je devais considérer ce nouveau poids comme poids de départ ou supposer que cette aberration allait disparaître, lorsque soudain X+200 grammes apparaît au compteur. J’hésite à me gratter la tête, de peur de faire un faux mouvement, lorsque X+300 grammes puis X+400 grammes accompagnent la dernière goutte, ne laissant aucun doute sur le sens de l’évolution de la pesée.
Je dois dire que tout cela m’a laissé dans un premier temps fort perplexe. Plus j’urine, plus je prends du poids. Il me fallait trouver une explication à ce phénomène. Passé l’instant de perplexité, la vérité m’est apparue : l’urine à température corporelle, stockée dans la vessie, est un gaz plus léger que l’air, qui condense à environ 37°C. Ainsi, lors de l’évacuation, le refroidissement ainsi occasionné transforme le gaz en liquide, lui donnant l’aspect qu’on lui connaît habituellement.
Cependant, ce phénomène n’explique pas à lui seul la prise de poids. Il est donc inévitable que, pendant l’évacuation, des bulles d’air se frayent un chemin en sens inverse pour remplir la vessie et compensent ainsi la dépression causée par la disparition de l’urine gazeuse. Cette intromission discrète explique probablement le sentiment de bien-être qui accompagne généralement un soulagement ma foi bien naturel.
Je pense publier un article à ce sujet dans Nature. Une telle découverte, qui mérite à mon avis un prix Nobel (que je refuserai par modestie), ne saurait rester la propriété d’un seul homme. Toutefois, j’aimerais confirmer ma découverte par une expérience : serait-il possible à un habitant d’un pays chaud, où la température dépasse les 37,5°C, de confirmer que lorsqu’il urine rien ne semble sortir ?
novembre 23rd, 2005 at 1 h 27 min
Il existe peut-être une autre explication, certes moins scientifique mais néanmoins tout aussi plausible. En raison de l’état d’excitation dans lequel tu te trouvais certainement à l’idée de faire une expérience si enrichissante, n’aurais-tu pas oublié de t’approcher des toilettes au moment crucial ? Cela expliquerait le résultat du test par le fait que :
N.B.: Ceci implique que la balance ait une forme assez particulière pour pouvoir contenir 400 grammes d’urine…
novembre 23rd, 2005 at 9 h 13 min
Ah ah ah, l’urine sous forme de gaz ! Elle est bien bonne celle-là.
(cela dit moi j’ai fait l’expérience dans ma jeunesse, et j’ai perdu quelques grammes, de l’ordre de 200 à 400)
novembre 23rd, 2005 at 10 h 52 min
La blogosphère ne cesse de me stupéfier par la variété de ce qu’on y trouve.
Très chouette ton expérience : c’est absolument n’importe quoi (même moi qui suis nul en chimie, je suis mort de rire)
.
Si tu veux vraiment un résultat précis, prends une balance de cuisine (elle est plus précise qu’un pèse-personne) et ne mesure que ce que tu as récupéré dans un récipient. D’ailleurs ça devrait représenter sensiblement 1 Kg par litre, il te suffit donc d’un verre gradué (ça se trouve à la cuisine également ; j’imagine la scène chez moi si la maîtresse de maison me voyait faire le test).
Indice : gaz comprimé ou liquide, glace ou eau, beurre ou ordinaire, il y a toujours conservation de la masse.
Autre expérience dans le genre à laquelle j’avais pensé : pèse tes excréments. Je suis sûr qu’on perd nettement plus de poids comme ça. Ensuite tu mets le verre gradué au lave-vaisselle après l’avoir sommairement vidé, bien sûr. Rires assurés !
novembre 23rd, 2005 at 11 h 33 min
Pierre : je suis content que tu penses à des expériences similaires. N’oublie pas de nous faire part de tes observations.
La conservation de la masse ne me donnera malheureusement pas toutes les données utiles, il faut aussi que je connaisse la masse volumique de l’urine à l’état gazeux si je veux pouvoir calculer le volume d’air qui a pris sa place afin de compléter mon article. Et encore, c’est sans compter celle qui se sera évaporée à la sortie tout en se condensant peu après à un autre endroit de la pièce (bien que cette perspective ne soit que peu ragoûtante).
novembre 23rd, 2005 at 11 h 35 min
Moi, ce qui m’étonne le plus, c’est l’étonnante capacité d’un volume donné de bière de se transformer en deux ou trois fois plus d’urine, et ce dans les plus brefs délais. L’explication étant le premier pas vers la solution miracle qui me permettra de boires 3 ou 4 pintes sans jamais aller faire pipi, je suis très intéressée par ton opinion sur le sujet.
novembre 23rd, 2005 at 11 h 46 min
arfefact : là aussi, je ne vois qu’une réponse qui soit plausible en l’état actuel de la science. La bière se combine à une quantité au moins égale de sang, réagit avec lui et forme alors dans la vessie de l’urine à l’état gazeux.
Note que cela explique beaucoup de phénomènes annexes : si la tête te tourne après avoir bu beaucoup de bière, c’est que tu as un déficit de sang, donc d’hémoglobine, et donc que ton cerveau est alors moins oxygéné. Le coma éthylique qui peut suivre l’absorption de quatre ou cinq litres de bière en un court laps de temps est dû à l’absence totale de sang dans le corps, ce qui explique aussi la pâleur qui précède généralement.
Une expérience simple visant à confirmer mon hypothèse consisterait à trouver un cobaye qui ne boive pas de bière ; je pense qu’il n’aurait pas besoin d’aller se soulager. Malheureusement, je ne connais personne dans mon entourage qui satisfasse aux conditions expérimentales.
novembre 23rd, 2005 at 18 h 36 min
Aurele : « il faut aussi que je connaisse la masse volumique de l’urine à l’état gazeux »
Elle est variable et dépend de la pression. Je pense que pour conserver de l’urine sous forme gazeuse en quantité équivalente à celle que l’on extrait sous forme liquide, dans un volume compatible avec le corps humain, il faut une pression élevée (plusieurs fois la pression atmosphérique, je pense). Le risque d’explosion est donc certainement non négligeable, si ton hypothèse se vérifie.
novembre 25th, 2005 at 22 h 26 min
Moi je pense 1- que l’urine existe à l’état gazeux,
2- qu’en plus cet état est luminescent.
Voilà pourquoi je peux prendre des vessies pour des lanternes
novembre 26th, 2005 at 5 h 00 min
J’ai une explication plausible au phénomène :
En collant la balance au plafond, puis en collant tes pieds sur cette même balance, cette toujours même balance indique Y=-X pour ton poids X.
Après avoir uriné, tu ne pèses plus que X’ = X-400. La balance indiquera donc Y’=-X’=Y+400.
Par contre, je n’explique pas tes tendances à faire la chauve-souris en urinant.
En tout cas, pense bien à courber le dos en arrière, sinon tu risques de te mouiller le menton.
novembre 26th, 2005 at 10 h 51 min
J’avais oublié, le gaz est lumineux à cause d’une inflammation urinaire. Je conseille d’aller voir le docteur.
décembre 2nd, 2005 at 17 h 51 min
Si je peux apporter ma modeste contribution, moi je dois avoir du gaz fluo , mais un litre de café, top poison…essaye l’hibiscus, tu vas doubler…
janvier 11th, 2006 at 0 h 57 min
J’ai fait la même expérience que toi Aurèle et j’ai également pu constater que je pouvais maigrir en pissant. Ce matin, plus agréable, mon poids était inférieur juste avant mon petit déjeuner que juste après… j’ai mangé une tartine de pain avec 6 carrés de chocolat
bon régime non?
Bonne année
J’M.
juillet 21st, 2006 at 20 h 20 min
J’ai un sérieux problème en ce moment et je ne vois mon urologue que mardi.
Depuis début juin mon ventre a commencé à gonfler et là j’en suis arrivée à un point ou on pourrait croire que je suis pratiquement prête à accoucher.
Mon médecin traitant a constaté qu’il y avait énormément de gaz partout y compris la vessie.
Le peu de gaz qui est parti, sont partis de la vessie avec une force incroyable et qui fait extrêmement mal.
Si quelqu’un pouvait me dire pourquoi des gaz dans la vessie en plus d’en avoir dans les intestins et comment faire pour les faire partir, les médicaments que je prends ne font rien.
Merci par avance pour les infos que je peux avoir.
octobre 4th, 2006 at 12 h 00 min
400 grammes d’urine seraient ainsi plus légers à l’état gazeux qu’à l’état liquide ? Cela me rappelle la question « piège » du cours de physique : Est-ce qu’un kilo de plomb est plus lourd qu’un kilo de plumes ?…