Vieux con
BloftStory aurait pû être un divertissement intéressant pour l’été. Surtout quand quelqu’un que j’aime bien y participe.
Mais les organisateurs n’ont pas pû s’empêcher d’adopter la méthode haïssable choisie par la télévision pour sélectionner les candidats qui resteront d’une semaine sur l’autre : la désignation des potentiels éliminés par les participants restants, puis l’élimination définitive par vote du public.
Quand j’étais enfant, je me souviens de jeux où l’on choisissait, parmi nous, suite à une épreuve, les meilleurs, ceux qui méritaient d’aller plus loin dans le jeu. On ne désignait pas les moins bons. On ne montrait pas du doigt les plus faibles, on félicitait les plus forts, et tout le monde se sentait un peu associé à leur succès, même si on regrettait forcément un peu de ne pas avoir été élu.
Mais tout cela a bien changé. On ne nous demande plus ce qu’on aime, mais ce qu’on n’aime pas. C’est plus vendeur, cela permet de se défouler. Imaginez qu’on fasse cela avec les collégiens lorsqu’ils doivent constituer une équipe de basket-ball. En général, deux chefs d’équipe piochent alternativement un joueur qu’il veut avoir avec lui. Certes, il y a un dernier, mais il finit par être pris. Là, il s’agirait de demander aux chefs d’équipe de désigner celui ou celle qu’il ne veut pas, et l’affecterait à l’autre équipe, comme un handicap. Au lieu d’être fier, chacun son tour, d’avoir été choisi, chaque élève aurait l’occasion d’être humilié publiquement en étant rejeté explicitement.
Même Melie se fait avoir en écrivant « N’oubliez pas, il faudra VOTER POUR MOI sur le site du Bloft ! ». Non Melie, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Il faudra d’abord que tu désignes ceux contre qui tu nous permettras de voter. Et si tu veux augmenter tes chances, il faudra aussi que tu nous dises, parmi ceux désignés finalement par les participants, celui ou celle que tu souhaites nous voir éliminer.
Pourquoi est-ce que cela fonctionne ? À mon avis, pour trois raisons : les participants au jeu en ont accepté les règles dès le début, et savent qu’ils devront, publiquement, s’acharner sur leurs collègues. Pour sa part, le public vote anonymement, il peut se défouler, se venger, se sentir puissant (« je peux éliminer quelqu’un ») en étant intouchable. Et pour les organisateurs, cela permet de faire durer le jeu plus longtemps en ayant moins de participants à gérer au départ. Au lieu d’un système consistant à choisir les N/2 meilleurs à chaque tour, on en élimine un nombre fixe à chaque fois, le nombre d’étapes est en gros proportionnel au nombre de participants plutôt que d’être logarithmique comme pour un tournoi sportif (lors d’un tel tournoi, le nombre de joueurs à une étape donnée est deux fois moindre que lors de l’étape précédente).
Considérez moi comme un vieux con et un rabat-joie si vous le voulez, mais je continue à préférer récompenser les meilleurs qu’accabler les moins bons.
Petite note annexe : il est écrit qu’en partant de 16 candidats, 3 seront éliminés chaque semaine et les deux derniers seront départagés lors d’une finale. Si je compte bien, cela fait 16, puis 13, puis 10, puis 7, puis 4, puis… 1 candidat. La finale à un participant devrait être facile à gérer.
juin 22nd, 2005 at 11 h 00 min
Mon cher Aurele, j’entends bien tes arguments. Mais le but de ce jeu est justement de singer les émissions de télé réalité, et ce dans toutes leurs modalités.
Il s’agit avant tout d’un JEU, et rien n’est mis en cause ici, sauf évenutellement la susceptibilité de tout un chacun. Susceptibilité, dans ce cadre, un peu inopportune.
Par contre, tu as raison sur cette histoire de vote. Mais comme je ne sais pas encore comment il va se dérouler, si on devra voter pour les meilleurs, ou nominer ceux que l’on considère devoir se retirer du jeu, et bien j’ai choisi le chemin le plus court.
Nous verrons bien comment se dérouleront les votes.
Tu n’es pas un “vieux con”, mais peut-être que la distance nécessaire à ce genre de petite sauterie, tu ne l’as pas bien évaluée…
juin 22nd, 2005 at 11 h 14 min
Ouah, quelle charge !!
Comme Mélie, je me demande si tu as vu la part de dérision qui a été injectée dans le jeu.
Il n’y a même rien à gagner…
Allez, on verra si ton jugement se sera infléchi après quelques semaines, et pour le reste, ne sous estime pas les organisateurs: nous savons compter.
juin 22nd, 2005 at 11 h 20 min
Melie : je sais qu’il ne s’agit que d’un jeu, et c’est uniquement les modalités de vote (élimination des mauvais vs. choix des meilleurs) que je déplore. À part cela, je trouve l’idée plutôt sympathique. J’espère que les épreuves suivantes seront plus significatives qu’un questionnaire, par exemple « enregistrer une chanson sur le thème des blogs et l’illustrer par des dessins » ou « réussir à lancer le plus beau troll dans les commentaires d’un blog autre que le sien ».
En plus, le système d’élimination me permet de râler en mode vieux con en ayant un parfait prétexte, ce qui pour moi est un excellent moyen de commencer ma journée avant d’aller travailler.
juin 22nd, 2005 at 11 h 29 min
Bloft Story : tout est possible en effet, je continue à suivre le jeu (comme j’ai suivi le premier Loft Story, sauf qu’avec la version télé j’avais un petit sentiment de honte à chaque fois, sentiment cela dit tout à fait délectable). Je fais confiance aux organisateurs pour rendre le jeu intéressant, ce qui ne m’empêche pas de ne décidément pas aimer ce système d’élimination (tiens, une double voire triple négation).
juin 22nd, 2005 at 11 h 39 min
“Bloft Story est un concours, destiné à dénicher le meilleur blogueur en transposant sur le Net les principes de la télé-réalité.”, qu’ils disent. Ah.
Tout un programme…
Beurk aussi.
juin 22nd, 2005 at 12 h 24 min
Tu sais Aurele, rien que le fait d’être « choisi » en dernier (je guillemette car le capitaine d’équipe qui prend le dernier n’a plus vraiment le choix…) systématiquement, c’est déjà assez humiliant (j’en ai fait l’expérience toute ma scolarité).
Pour le reste, je ne peux qu’abonder dans ton sens. Cela me rappelle d’ailleurs l’une des répliques de South Pacific, lorsque les soldats américains tentent de convaincre le planteur français de collaborer avec eux en lui expliquant qu’ils se battent contre ces salauds de japs :
juin 22nd, 2005 at 14 h 25 min
Je suis assez d’accord avec Aurèle… je n’aime pas trop singer un truc que je trouve si teubé. Mais d’un autre côté, j’ai aussi beaucoup regardé à l’époque.
Et en effet, le principe n’a pas l’air d’être trop sérieux non plus… On jugera donc les faits ! (Moi consensuel ? Naaaaaan ! Arf.)
juin 22nd, 2005 at 20 h 39 min
Si j’ai tout bien compris ce que tu dis Aurèle, ça pourrait être bien si on taillait un truc sur mesure pour te plaire en ne faisant que ce que tu conseilles ?
juin 22nd, 2005 at 21 h 17 min
Élisabeth : ce n’est pas la seule solution pour que ça me plaise, mais effectivement, ça serait pas mal
juin 23rd, 2005 at 14 h 04 min
Tiens, un accent est apparu sur Élisabeth. Il me semble qu’il n’y était pas dans la première version de ton commentaire, Au.
juin 23rd, 2005 at 14 h 26 min
Thomas : euh, je ne pense pas, peut-être, mais je n’en ai aucun souvenir (ce qui ne signifie absolument rien d’ailleurs).
juin 23rd, 2005 at 17 h 55 min
Hey dites, les jeunes coqs, ça suffit un peu, oui ?
)
(ou battez-vous vraiment, avec les mains et tout, qu’on en finisse une bonne fois pour toutes !
juin 23rd, 2005 at 22 h 04 min
Tu veux dire comme ça ?