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Amour, amitié et physique quantique

La notion d’amour n’est pas nécessairement réciproque : on peut être amoureux de quelqu’un sans qu’il le soit de nous. Je pense que tout le monde sera d’accord avec cette assertion, et que la plupart d’entre nous a déjà connu cette situation d’amour non partagé. L’amour est un sentiment.

Mais qu’en est-il de l’amitié ? Peut-on avoir un ami, comme on a un amour, sans que cette personne ne nous considère elle-même comme un ami ? Et si l’amitié existe et doit être réciproque, comment s’arrête-t-elle ? La disparition des sentiments d’une des deux parties entraîne-t-elle instantanément la rupture de l’amitié et, par construction, la disparition des sentiments de l’autre ? Est-ce comparable à l’intrication des photons jumeaux en physique quantique (sujet auquel je ne connais rien) ?

Peut-être alors que l’amitié n’est pas un sentiment mais une propriété. Je n’y comprends plus rien. Qui sont mes amis ?

4 Responses to “Amour, amitié et physique quantique”

  1. 1
    Doub:

    Une amie m’a dit un jour que dans un couple, il y en a toujours un qui aime plus que l’autre (même si les rôles peuvent s’échanger au cours du temps). Sa remarque m’a choquée sur le coup, mais j’ai compris plus tard qu’elle avait raison.

    Je pense qu’il en est de même pour l’amitié, qui est une forme d’amour. L’amour à sens unique peut durer un temps, pourquoi l’amitié à sens unique ne pourrait-elle pas exister également? Puis ces relations se transforment, soit en s’équilibrant pour devenir des relations à double sens, soit en disparaissant purement et simplement.

    Les sentiments sont basés sur des malentendus: on croit connaître l’autre, on se construit une image idéale de la personne aimée, amie ou plus. Et la confrontation avec la réalité est parfois dure à digérer. Être déçu par une personne qu’on aime peut détruire la relation, mais ce n’est pas systématique. Tout dépend de la façon dont on gère les crises, je suppose…

  2. 2
    Melie:

    Pas tout à fait d’accord avec la notion du déséquilibre de l’amour, pas exprimé de cette façon quantitative du moins. Je crois que l’on s’aime différemment surtout. Et que cette différence peut être tout à fait bénéfique ou au contraire insupportable.

    En ce qui concerne l’amitié, et au risque de me répéter, je dirai que c’est un sentiment très ambigu dès lors que l’on le considère « vrai », « intense » ou autre adjectif équivalent, car toujours mâtiné d’un « amour » certes autre que celui dont on parle avec un grand A (ou pas d’ailleurs). Pour moi, cet amour là est soumis aux même lois que son acolyte…

  3. 3
    Doub:

    « Je crois que l’on s’aime différemment surtout. »
    Je suis d’accord. Le déséquilibre dont je parle naît souvent de cette impression que l’autre ne nous aime pas assez, parce qu’il ne nous aime pas de la même façon.

    « l’amitié [...] est un sentiment très ambigu »
    Je suis d’accord aussi. Un sentiment ambigu, généralement asexué (mais pas toujours) et tout aussi exigeant que « l’Amour ». Différence notable tout de même: l’amitié est habituellement moins exclusive; on peut avoir plusieurs « meilleurs amis ». C’est plus difficile d’avoir plusieurs « amours » à la fois sans risquer d’en blesser au passage.

  4. 4
    Marji:

    L’intrication des photons jumeaux est une découverte majeur de la physique contemporaine. Les expérience d’ alain Aspect et son équipe ont prouvé clairement que deux photons émis à partir d’un atome de calcium excité sont indubitablement liés quelque soit la distance à laquelle ils se trouvent l’un de l’autre. Si l’on mesure le spin de l’un, on détermine instantanément celui de l’autre. Mais comme, en physique quantique, mesurer revient à créer (je m’avance beaucoup) on peut en déduire que mesurer l’un revient à créer l’autre sans intervenir sur ce dernier. Si l’on considère la physique quantique comme une métaphore des sentiments humains, on prend du plaisir à imaginer une relation unilaterale qui influencerait quand même le comportement sentimentale de l’ami ignorant. En tous les cas si ton ami ne sait pas qu’il est ton ami, rien ne prouve que cette personne n’est pas dans le même cas que toi, toi ignorant de son amitié secrète et parallèle. Sans aborder non-plus l’implication majeur de cette expérience : s’il y a intrication, que devient la notion d’espace. Et celle d’unité. Bref : celle de « je »…

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