Un mercredi midi à la taverne du coin
- - Tu voulais me voir ?
- - Oui.
- - Pourquoi maintenant, pourquoi ici ?
- - On est mercredi midi, c’est « la taverne des anges », tu devrais aimer, il n’y a pas grand monde, on pourra parler.
- - Je te sens cynique. Tu m’en veux ?
- - Je ne sais pas. Un peu.
- - C’est à propos d’elle n’est-ce pas ?
- - On ne peut rien te cacher.
- - Tu as l’air triste.
- - J’ai peur.
- - De quoi ?
- - De tout, de rien. De toi, d’elle, de moi.
- - Tu te fais des idées. On prend du vin ?
- - Si tu veux.
- ———
- - Ça va mieux ?
- - Beaucoup mieux.
- - Pourquoi pleures-tu alors ?
- - Non, ça va, je t’assure, ce sont des larmes de soulagement.
- - Tu vois, il n’y avait qu’à attendre, c’est passé tout seul.
- - Presque tout seul. Attendons encore un peu.
- - Si tu veux. Par contre, j’ai un peu mal au cœur.
- - Chacun son tour.
- - J’ai la tête qui tourne. Le vin peut-être.
- - Sûrement même.
- - En fait, si ça ne te dérange pas, j’irais bien prendre un peu l’air.
- - Profites en vite alors.
- - Pourquoi dis-tu ça ? Le vin… N’y avait-il vraiment aucun autre moyen ?
- - Tu sais, au fond, je crois que je t’aimais bien. Quand tu verras les anges, demande leur de bien vouloir me pardonner.
(texte écrit pour Coïtus Impromptus mais remplacé par « Archibald Trévory », une seule soumission par thème et par auteur étant acceptée)